Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livres - Page 11

  • Quand j'étais Jane Eyre - Sheila Kohler

    Titre : Quand j'étais Jane Eyre
    Auteur : Sheila Kohler
    Editeur : La Table Ronde / Quai Voltaire

    IMG_20120227_155922.jpg

    Résumé : Dans le calme et la pénombre, au chevet de son père qui vient de se faire opérer des yeux, Charlotte Brontë écrit, se remémore sa vie, la transfigure. Elle devient Jane Eyre dans la rage et la fièvre, et prend toutes les revanches : sur ce père, pasteur rigide, désormais à sa merci, sur les souffrances de son enfance marquée par la mort de sa mère et de deux soeurs aînées, sur sa passion malheureuse pour un professeur de français à Bruxelles, sur son désespoir face à son frère rongé par l'alcool et la drogue, sur le refus des éditeurs qui retournent systématiquement aux trois soeurs Brontë leurs premiers romans, envoyés sous pseudonymes...

    Parlons peu, mais parlons bien : je n'ai pas aimé. Voilà, c'est dit, je vous autorise à quitter la salle.

    Avec un tel titre et un tel résumé, la fan de Jane Eyre qui est en moi a sautillé de joie - mais elle a bien vite déchanté au bout de 20 pages.

    Premier soucis : c'est long. Le roman ne fait que 250 pages avec des grandes marges, une police 12 (au moins) et 30 lignes par page. Autrement dit, c'est court. Sauf que moi, j'ai trouvé ça long. Et lent. Le roman se divise en trois parties : Manchester 1846, Haworth 1846-1848 et Londres 1848-1853; sauf qu'il y a tellement de flashback et de digression qu'on ne sait jamais où on est, ni quand on est.

    Deuxième soucis : le style. Alors soit, c'est bien écrit, plein d'envolées lyriques, de figures de style bla bla. Sauf que : elle est où Charlotte ? Parce que bon, le plus gros du roman est quand même censé être écrit du point de vue de Charlotte - autrement dit, l'auteure du sublime Jane Eyre. Sauf qu'à aucun moment je n'ai retrouvé ce style si particulier et troublant que j'admire tant. Certes, je me base sur une traduction (j'ai aussi lu Jane Eyre en français pour info), mais le résultat reste le même : j'ai trouvé l'ensemble lourd et - paradoxalement - plat malgré les envolées lyriques de l'auteur/traducteur.

    Troisième soucis : l'histoire. J'y ai été insensible du début à la fin. Ah c'est terrible, mais impossible de rentrer dedans (sans doute à cause du deuxième soucis). Je n'ai fait que tourner les 260 pages sans conviction, par curiosité et dépit (je n'aime pas arrêter un roman en plein milieu) mais pas par plaisir. Pourtant, le concept me plaisait : raconter à travers les yeux de Charlotte et de son entourage ce qui a conduit à l'écriture et à la publication de Jane Eyre. Sauf que les pensées de l'entourage sont minimes et personnellement, je me serais bien passée des passages sur les plaisirs nocturnes de l'infirmière ou bien de la nuit de noce des parents (non vraiment qu'est-ce que le point ??). Le pire étant que j'ai trouvé la Charlotte de Sheila Kohler bornée, égoiste et jalouse. Et ne parlons pas de la fin : je sais que c'est ainsi que les choses se sont à peu près passées mais la façon dont c'est raconté, entre l'éditeur et l'ami de la famille, j'ai bien cru un instant revoir Miss Potter...

    Tout cela est bien dommage car l'idée de départ me plaisait bien : comment Charlotte Brontë a eu l'idée d'écrire Jane Eyre, sur quels moments de sa vie s'est-elle basée, d'où lui est venue l'inspiration pour tel ou tel personnage... Et au final, ce sont ces quelques passages qui m'ont le plus intéressés.

    Je crois que dans le fond je m'attendais à lire un roman dans la veine de Miss Charity mais avec un côté plus historique et la réalité l'emportant sur la fiction. Sauf que non : Sheila Kohler qualifie carrément les personnages de fictifs ! Genre, Charlotte Brontë est un personnage fictif ??? Ok c'est un roman donc fictif d'office, mais tous les gens mentionnés ont réellement existé ! Alors non ils ne sont pas fictifs, nous avons quand même entre les mains une biographie romancée ! Il aurait fallu leur donner d'autres noms pour que vraiment on les considère comme purement fictifs.

    Enfin voilà, une déception pour moi malgré ses qualités (car oui il en a, mais pas suffisamment pour qu'il me plaise). Cependant, j'insiste, ce n'est que mon avis : les avis dithyrambiques fleurissent sur la toile et j'ai bien l'impression d'être l'une des rares à ne pas avoir aimé (la seule ?) aussi je vous conseille de le lire quand même - pour vous faire votre propre avis :)

    Lu grâce à Babelio pour Masse Critique.

    logo-challenge-victorien.png

    Lien permanent Catégories : Livres 13 commentaires Pin it!
  • Blue Jay Way - Fabrice Colin

    Titre: Blue Jay Way
    Auteur : Fabrice Colin
    Editions : Sonatine

    fabrice colin,blue jay way,sonatine,los angeles


    4ème de couverture : Julien, jeune Franco-Américain féru de littérature contemporaine, a perdu son père dans l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2009. La célèbre romancière Carolyn Gerritsen, qui l'a pris en amitié, lui propose d'aller vivre un temps à Los Angeles, chez son ex-mari, le producteur Larry Gordon. A Blue Jay Way, villa somptueuse qui domine la cité des anges, Julien est confronté aux frasques du maître des lieux et à une jeunesse dorée hollywoodienne qui a fait de son désoeuvrement un art de vivre : un monde où tous les désirs sont assouvis, où l'alcool, les drogues et les parties déjantées constituent de solides remparts contre l'ennui. Peu à peu, Julien se laisse séduire par ce mode de vie délétère et finit par nouer une relation amoureuse avec Ashley, la jeune épouse de Larry. Lorsque celle-ci disparait mystérieusement, il doit tout faire pour dissimuler leur liaison sous peine de devenir le principal suspect. Ce n'est que le début d'un terrible cauchemar : très vite, les morts violentes se succèdent, mensonges, trahisons et manipulations deviennent monnaie courante et la paranoïa apparaït bientôt comme la plus sage des solutions...

    J'ai fini ma lecture il y a bientôt trois semaines. Et ça fait bientôt trois semaines que je réfléchis à la meilleure manière de parler de ce roman. Aujourd'hui... je ne l'ai toujours pas trouvée. Alors j'ai décidé de reprendre le principe du j'aime/j'aime pas de Saru.

    J'aime : la 4ème de couverture.
    Un résumé long, plein de détails, mais qui pourtant ne spoile en rien le contenu du roman. A la lecture du résumé on a l'impression de connaître déjà l'histoire et de deviner le dénouement, et pourtant il n'en est rien. Je ne sais pas qui l'a écrit, mais je félicite le rédacteur !

    J'aime : Le style.
    Le roman fait 480 pages mais on ne les sent pas. J'ai eu un peu de mal à entrer dedans au début, je l'avoue, mais c'est surtout parce que je lis peu de thriller. Le dernier datait de début 2011. Mais au bout de quelques (courts) chapitres, c'est bon, j'étais fichue, j'ai tout enchainé. Fabrice Colin alterne chapitres écrits à la 1ère personne - du point de vue de Julien - et chapitres à la 3ème personne, parlant de personnages que Julien ne connaît pas. Et c'est là l'un des points forts du roman : jusqu'à la fin on se demande qui sont ces personnages, quel est le lien avec Julien, avec les autres locataires de Blue Jay Way.

    J'aime : Le huis-clos.
    J'ai toujours aimé les huis-clos, ces romans qui se passent à un seul endroit (ou presque), où il se passe énormément de choses et rien à la fois mais sans jamais ennuyer le lecteur. Non seulement ça évite de se perdre parmi les personnages et les lieux (j'adore Wicked, mais alors je vous dis pas le nombre de fois que j'ai dû regarder la carte). Et puis j'aime ce sentiment d'oppression, de suspicion, de doute et de paranoïa qui s'installe au fil des pages.

    J'aime : les 100 dernières pages.
    Le méchant se révèle petit à petit, Julien et les autres se sentent chaque fois plus épiés, manipulés, il oblige Julien et Carolyn Gerritsen à faire et voir des choses impensables. Il leur fait subir pas mal de choses aussi. Pourquoi ? Par qui ? On ne l'apprend que vers la fin. Et quelle fin d'ailleurs ! On a les réponses à nos questions, mais pas à toutes nos questions. Certaines restent en suspens et d'autres encore ne font qu'être soulevées. On reste dans le vague et même si on a des réponses, on ne comprend pas tout. C'est une fin ouverte à l'interprétation personnelle. J'approuve.

    J'aime : La musique.
    Chaque fois que je finis un roman de Fabrice Colin, j'ajoute des groupes ou des chanteurs à ma liste de choses à découvrir. Ma culture musicale pour ce qui est des "classiques" et autres indémodables est vraiment limitée. Je me couchais chaque jour plus intelligente musicalement parlant. (Tiens, ça me donne une idée de question pour la soirée de lancement du 8 mars prochain )

    J'aime/J'aime pas : Julien.
    Je suis arrivée à la fin de mon livre sans réussir à me faire un avis sur les personnages, et plus particulièrement Julien. Ca me plait. J'aime son côté humain, curieux, et j'avoue, j'aime aussi sa paranoïa et sa déchéance. Mais en même temps, je le trouve énervant. Il est apatique les 3/4 du livre, il attend que les choses se passent, j'ai souvent eu envie de le secouer, et ce n'est vraiment que vers la fin qu'il se bouge. Mais en même temps, je le comprends. Il est dans une ville inconnue (ou presque) avec des gens antipathiques et égoistes à souhait, les mauvaises nouvelles s'enchaînent, le sang coule, il réagit comme un humain. Mais en même temps, il... non vraiment, impossible de me faire un avis.

    J'aime pas : les pages 184-186.
    La souris encore ça va, elle agonisait. Le chien non. Quand je l'ai vu mentionné, j'ai sauté cette page et demi, je savais ce qui allait arriver. Et c'est bien là l'une des rares choses que je ne supporte vraiment pas. Cette page et demi m'a rappelée pourquoi je lisais rarement des thrillers. Je sautais déjà les pages de ce genre dans Level 26, mais là c'est pire, j'ai carrément fait une pause dans ma lecture pour éviter de m'imaginer la scène.

    J'aime pas : Ashley et Julien.
    Pareil, l'une des raisons qui font que je lis rarement des thrillers. Ok, qu'ils couchent ensemble très bien, raconter tout ce qu'ils font non. Je vois vraiment pas l'intérêt. Encore dans les Succubus de Richelle Mead, ça se comprend, c'est de la romance et le personnage principal est une Succube. Dans ce genre de roman, moins.

    Et puis, j'aime aussi Los Angeles, le 11 septembre et le "méchant". Mais il y aurait bien trop de choses contradictoires et "spoilerisantes" à dire sur chacun des sujets alors je passe.

    Enfin voilà. J'aime tout dans ce roman sauf les deux j'aime pas.

    Un premier thriller des plus réussis qui me réconcilierait presque avec le genre ! (Et rien à voir,mais sur la page FB du livre, il y a plein de jolies photos.)

    Il est sorti aujourd'hui chez tous les bons libraires - vous savez donc quoi faire demain ! Quant à moi, je remercie une fois encore Sonatine Editions, et surtout Fabrice Colin, pour l'envoi. 

    Lien permanent Catégories : Livres 4 commentaires Pin it!
  • Les revenants de Whitechapel - George Mann

    Je ne vous apprends rien, les romans qui se passent à l'époque victorienne, je n'y résiste pas. De toute façon, à quoi bon résister, surtout lorsque les romans sont aussi bons ?

    Titre : Les revenants de Whitechapel
    Auteur : George Mann
    Editeur : Eclipse
    Tome : 1/? (plus des short stories)

    newbury_hobbes_1.jpg

    Résumé : Bienvenue dans un Londres étrange et merveilleux, une métropole en plein bouleversement. Ses habitants, quotidiennement éblouis par un déluge d’inventions, inaugurent une ère technologique nouvelle.  Les aéronefs traversent le ciel de la ville tandis que des trains de surface parcourent ses rues et que des automates mettent leurs engrenages au service d’avocats ou de policiers. Mais le vernis brillant du progrès dissimule une face sombre, car cet univers voit aussi des policiers fantômes hanter les ruelles de Whitechapel. Sir Maurice Newbury, Investigateur de la Couronne, œuvre donc sans répit à protéger l’Empire de ses ennemis. Le jour où un dirigeable s’écrase dans des circonstances suspectes, sir Newbury et miss Veronica Hobbes, sa jeune assistante, sont appelés à enquêter tandis qu’une série d’effroyables meurtres met en échec les efforts de Scotland Yard, et qu’un épouvantable fléau ravage les quartiers pauvres.

    Parce que oui, Les Revenants de Whitechapel est vraiment très bon. George Mann nous plonge dans un Londres victorien où la révolution industrielle a fait son chemin et où automates, dirigeables et tramways sont monnaie courante. Nous sommes en novembre 1901, le royaume est toujours dirigé d'une main de fer par la Reine Victoria (oui, la même Reine Victoria qui est en réalité morte en janvier 1901), un aéronef s'écrase mystérieusement, la peste (vraiment ?) fait rage dans les quartiers pauvres et les automates si dociles en temps ordinaire se retournent contre leurs maîtres.

    Pourquoi ? Comment ? Voila les questions auxquelles devront répondre nos héros : Sir Maurice Newbury, universitaire et investigateur pour la Couronne à ses heures perdues et Veronica Hobbes, son assistante tout juste nommée, féministe avant l'heure mais peu portée sur les technologies modernes. Sans peur et sans reproches nos deux héros vont se retrouver embarqués dans des enquêtes jamais banales et toujours périlleuses. George Mann n'épargne rien à Sir Maurice et Veronica mais arrive toujours à rester crédible.

    Les revenants de Whitechapel est un mélange des genre, avec tous les codes du roman steampunk et un peu plus : les automates font penser à des Cybermen et les malades de la peste ressemblent à des zombies ! Une fois dedans, difficile de s'arrêter avant la fin. Le style bien que classique est des plus prenants, et nos deux enquêteurs arrivant toujours à se retrouver dans ses situations improbables, on ne voit vraiment pas passer le temps. Ce qui est plutôt paradoxal quand on sait qu'il ne se passe pas tant de choses que ça dans le roman, ce n'est vraiment que dans les 150 dernières pages que tout s'accélère et que l'action pointe son nez.

    L'atmosphère sombre et lourde des quartiers pauvres extrêmement bien rendue et les personnages attachants rendent le tout encore plus plaisant à lire. Les informations sur le passé des personnages distillées au fil des pages attisent notre curiosité et nous font non seulement tourner les pages avec ferveur mais surtout nous rendent impatients de lire la suite !

    PS : Cela à beau se passer à la même époque, ne vous attendez cependant pas à lire un roman dans la veine de Gail Carriger, ici pas de vampires, ni loups, juste de la mécanique - et surtout, pas de romance !

    Lien permanent Catégories : Livres 19 commentaires Pin it!