17.05.2012
The Conquest of the South Pole - Arcola Theatre
Dirigée par Stephen Unwin et mettant en scène de jeunes acteurs peu connus mais très talentueux, The Conquest of the South Pole de Manfred Karge est une pièce à l'atmosphère mélancolique qui vous fera rire et frissonner.

On est en 1987. Manfred Karge nous emmène à la rencontre de cinq amis, tous paumés, qui comblent le vide de leur existence de chômeurs en buvant du schnaps et en jouant au flipper.
La pièce s'ouvre sur 3 types qui parlent de chameau à bicyclette, d'un rideau qui n'était pas présent la veille et d'un élan cravaté derrière ce rideau. Ou comment rendre le tragique drôle: l'élan cravaté, c'est Seiffert, qui a décidé de se pendre. Heureusement ses amis sont arrivés à temps et lui font entendre raison : comment peut-il songer à se tuer alors qu'il n'a donné aucune explication au spectateur ? Le spectateur mérite un dernier discours, il mérite d'avoir la morale de l'histoire !
Et voilà comment on se retrouve à écouter l'élan cravaté, sur son tabouret, parler de caviar, de Français et de spleen - des choses qu'il a lu dans un livre. D'ailleurs, Slupianek aussi a lu dans un livre : il a lu l'histoire de ces quatre norvégiens qui sont partis explorer le pôle Sud. Personne n'y croyait et pourtant ils l'ont fait. Un conte de fées, voilà ce que c'est, pense Buscher.
Oui certes, mais ils y sont arrivés ! Et d'ailleurs, pourquoi ne le ferions pas nous aussi ? se dit alors Slupianek.

(De gauche à droite : Chris Ashby, Mark Field, Sam Crane, O-T Fagbenie, Andrew Gower)
Armés du récit d'Admunsen et de leur imagination débordante, et accompagnés de Frankieboy dans le rôle du fidèle compagnon à quatre pattes, les voilà partis à la conquête du pôle Sud (ou plus précisément, à la conquête des draps blancs qui sèchent dans la pièce et qui font figure de glaciers) ! Mais attention, sans bouger de chez eux : "one London footstep for every polar kilometre".
The Conquest of the South Pole c'est une histoire d'amitié (la réplique de Buscher dans l'avant dernière scène en est une bonne image), d'espoirs et de désillusions : ces quatre amis se lancent dans une expédition imaginaire dans le simple but d'échapper à leur vie faite d'une suite de défaites. Cette expédition va les rapprocher tout autant que les séparer : Slupianek continuera à vivre dans son monde tandis que, poussés par Louise, la copine de Braukmann (dite La Braukmann), Braukmann et les autres essayeront de reprendre une vie normale.
The Conquest of the South Pole est une pièce pleine de fougue - ça bouge dans tous les sens, ça crie, ça chahute... Bien plus poétique et émouvante qu'il n'y parait (quelle belle histoire d'amitié!), elle est aussi emplie d'une réflexion psychologique à travers ces cinq amis à qui la vie n'a pas fait de cadeaux et qui cherchent, en vain, quelque chose à quoi se raccrocher.

Il n'y a que 8 acteurs dans cette pièce, dont 2 n'apparaissent qu'à la fin, et ils sont tous PARFAITS. Andrew Gower bien sûr, en Seiffert, "l'élan cravaté" aux tendances suicidaires, drôle et touchant à la fois, grand amateur de meringue et qui ne comprend pas toujours ce qu'il se passe autour de lui.
Et puis O-T Fagbenie, en Slupianek, celui par qui tout à commencer, grand orateur, poignant de sincérité, limite bipolaire. Mais aussi Sam Crane en Braukmann, le type un peu perdu mais qui garde le plus les pieds sur terre - en grande partie grâce à sa copine, Louise (jouée par Emma Cunniffe, excellente elle aussi !). Ou encore Mark Field alias Buscher, le gros dur au coeur tendre qui a une profonde affection pour Frankieboy.
Parlons-en de Frankieboy : son interprète, Chris Ashby est stupéfiant! Sincèrement, avec Freia, on était soufflées. Car il faut savoir que Frankieboy est autiste et Chris Ashby a la gestuelle parfaite de l'autiste ! Vraiment fascinant ! Il ira loin ce petit gars, c'est moi qui vous le dit.

Pour ne rien gâcher, l'Arcola Theatre est un petit théâtre intimiste, d'une centaine de place seulement et où le public est assis en U autour de la scène, sur des chaises bien confortables. La scène à est à quelques centimètres, on est avec eux dans cette petite mansarde - il arrive même que le public soit directement pris à parti ! Peu de moyens, peu de décors, mais souvent un casting parfait et une merveilleux texte suffisent pour faire quelque chose de sensationnel.
Elle se joue jusqu'au 26 mai 2012 à l'Arcola Theatre (prendre l'Overground jusqu'à Dalston Junction) avant d'être transférée au Rose Theatre Kingston du 29 mai au 2 juin. Cela dure environ 1h30 et ne coûte que 18£ (12£ pour les étudiants)
Et n'hésitez pas à rester un peu à la fin, pour les féliciter - les acteurs sont très gentils et accessibles ! La pièce et les acteurs méritent bien toutes ces 4**** !
Crédit photos : Simon Annand
14:37 Écrit par Filipa dans On stage ! | Lien permanent | Just a clock tick... (2) | Tags : the conquest of the south pole, arcola theatre, manfred karge, stephen unwin
11.05.2012
Timey, Wimey...Stuff
Amis 2.0, quand vous lirez ceci, je serai soit dans mon lit, soit dans le train, soit carrément à Londres.
Ouaip.
Encore.
Avec Sombrelune, ce soir, on va conquérir le pôle Sud avec Andrew Gower et demain (samedi donc), on va découvrir les origines du cinéma avec Damien Molony. Et je vais tenter de passer dire bonjour à Claire Foy. Week-end Being Human en perspective (oui, tutafé, car pour ceux qui l'aurait oublié, Claire Foy a joué dans le pilote de Being Human !).


Autrement, à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 24 mai, le blog va tourner au ralenti (il allait pas déjà bien vite avant, là ça va être pire) : c'est la période d'examens ! Comme vous vous en doutez, je ne suis que joie à l'intérieur de moi...
Bref, préparez-vous donc à plein d'interludes musicaux (j'ai encore plein de chouettes trucs à vous poster !)(en espérant qu'ils auront plus de succès que Laurence Fox)(pov choupi, le seul commentaire que j'ai eu à son sujet c'était par mail)(heureusement qu'il n'est pas du genre à se vexer) et des bandes-annonces aussi. Ou alors des interludes photos. (Mais aurai-je le temps de compiler les photos/faire des captures ? That iz ze question!)
Et sinon, dans un tour autre registre bien plus joyeux, sachez que j'ai adopté une abeille !! Je l'ai appelée Tom, en hommage à Tom McNair. Parce que "You're a flower and I'm a bee". Et puis j'en ai fait une gardienne, parce que Tom il protège les gens. Et comme ça, Tom l'abeille a une épée. Et c'est bien connu que les épées c'est la vie ^^
Tadaaaam ! (ou devrais-je dire "Tabzzzzzzz" ?)

Tous en coeur donc : Bienvenue parmi nous Tom l'abeille !!
(Vous aussi vous pouvez adopter une abeille : suffit d'acheter un jus Innocent, d'entrer le code que vous trouverez à l'arrière, et vous serez les heureux parents d'une jolie abeille !)(Tout est expliqué sur le site, juste là !)
Voilà, voilà. A très vite :)
00:59 Écrit par Filipa dans Sweet Madness | Lien permanent | Just a clock tick... (4) | Tags : the conquest of the south pole, travelling light, adoptez une abeille
08.05.2012
Night School - C.J. Daugherty
Ce qui est bien avec la nouvelle lubie des éditeurs de traduire directement sur manuscrit, c'est que l'attente entre la sortie en version originale et la sortie en version française d'un roman est réduite : Night School est sorti en janvier dernier seulement de l'autre côté de la Manche ! 4 mois plus tard il arrive en France. C'est beau.
Titre : Night School
Auteur : C.J Daugherty
Edition : Robert Laffont/Collection R
Tome : 1/5

Résumé : Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Et elle vient d'être arrêtée. Une enième fois. C'en est trop pour ses parents, qui l'envoient dans un internat au règlement quasi militaire. Contre tout attente, Allie s'y plait. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire, aussi fascinant que difficile à apprivoiser... Mais l'école privée Cimmeria n'a vraiment rien d'ordinaire. L'établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d'enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par la très discrète "Night School", dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n'y participe pas. Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs, et peut-être même ses parents, lui cachent d'inavouables secrets. Elle devra vite choisir à qui se fier, et surtout qui aimer...
Night School... c'est rien de ce à quoi je m'attendais. Bon, il faut dire qu'à la base, je ne m'attendais à rien de particulier. Mais moi qui suis fan de huis-clos (Sartre excepté) une histoire qui se passe dans un étrange pensionnat au fin fond de la campagne anglaise, j'aime d'office.
Et quand au bout de 300 pages (sur 466) je ne sais toujours pas quel est le grand mystère mystérieux de l'école, j'aime encore plus. Je m'en suis posé des questions pendant ma lecture. Quel est le grand mystère mystérieux de la Night School ? Qu'ont de particulier les rares élèves qui en font partie ? Pourquoi sont-ils autant privilégiés ? Pourquoi semblent-ils être au courant de plein de choses ? Pourquoi sortent-ils la nuit et rentrent-ils blessés ? J'ai cogité pendant les 100 premières pages. Après, j'étais bien trop prise par l'histoire pour réfléchir.
Night School c'est donc l'histoire de Allie Sheridan, 16 ans, rebelle et délinquante depuis la disparition de son frère, qui tague la porte du bureau du principal et fait des crises de panique dans le débarras. Ses parents, ne sachant plus trop comment se comporter avec elle, décident de l'envoyer à Cimmeria, un internat d'un genre particulier. Et là, au bout d'un chapitre, j'étais fichue : notre héroine fait des crises de panique, elle est humaine, elle a des soucis comme vous et moi ! Ce n'est qu'un détail, mais, pour moi, c'est ce genre de détails qui fait toute la force d'un roman (ou d'une série).
Ce qui fait aussi la force d'un roman, c'est son écriture bien sûr. Et sur ce point, C.J. Daugherty a tout d'une grande, alors même que Night School n'est que son premier roman. Je vous le dis tel quel : il ne se passe rien pendant les 3/4 du roman. Mais alors, c'est tellement bien écrit (et traduit!), tellement cohérent, tellement réaliste, tellement bourré de rebondissements et de révélations inattendues, tellement prenant qu'on tourne les pages inconsciemment et sans s'arrêter.
Les personnages aident aussi beaucoup à tourner les pages en continu. A commencer par Allie bien sur, sujette à des crises de panique, et dont la seule particularité est d'être la nouvelle. Elle est souvent agaçante (nan mais Allie, écoute avant de tirer des conclusions), parfois naïve, toujours sympa. Elle ne sait pas où elle est, elle ne comprend pas ce qu'il se passe, mais elle ne cherche pas non plus à tout savoir tout de suite et on ne lui demande même pas de sauver le monde - pire encore, elle n'est même pas attirée par le beau brun ténébreux entouré de mystère que tout le monde évite ! (C'est beau *bis*). Autour d'elle, il y a des amis, des ennemis et des secrets. Elle doute, se pose des questions, et nous, lecteurs, on doute et on se pose des questions avec elle.
Et surtout, nous, lecteurs, on est surpris. Parce qu'on s'attend tellement à des clichés (la gentille qui est en fait méchante, le méchant qui est en fait gentil, l'adorable directrice qui en fait n'est pas si adorable que ça...) que lorsqu'on arrive au moment des révélations on ne peut qu'être surpris et apprécier cette surprise. Et ça, c'est un signe de qualité.
Je n'ose pas vous parlez plus des personnages, ni de l'intrigue car j'aurais peur de trop en dire. Je n'ose même pas vous dire quel est le "genre" exact du roman car ça risquerai de vous gâcher la surprise.
Je finirai juste par un mot sur la fin : ceci est un premier tome, il y en a 4 autres derrière, mais la fin est une fin. Pas un cliffhanger. Non, une fin. Une fin tout à fait correcte, qui permet de patienter tranquillement jusqu'au tome suivant. Le genre de fin qu'on aime, parce qu'en refermant le livre on se dit avec satisfaction : "haaaan c'était bien", plutôt que "raaaah mais c'est quoi cette fin ?! Bon sang, la suite ne sort que dans 1 an !". Le truc bien chiant donc. (Tiens, le même type de fin que dans Starters !)(Simple hasard ou fait exprès de la Collection R ?)
Night School sort le 10 mai prochain ! Si vous voulez de la nouveauté et surtout de d'originalité, n'hésitez pas :)
Oh et un dernier conseil : ne faites pas d'hypothèses pendant votre lecture, vous risquez d'avoir faux sur toute la ligne. Ne réfléchissez pas, contentez vous de lire !
00:06 Écrit par Filipa dans Livres | Lien permanent | Just a clock tick... (11) | Tags : c.j daugherty, collection r, night school
05.05.2012
[Interlude musical] Gunfight - Laurence Fox
J'hésitais entre faire mon billet sur Tout ce qui brille de Anna Godbersen ou vous présenter Tom, l'abeille que j'ai adopté. Sauf qu'au moment où j'allais m'y mettre, je suis tombée sur ça :
Laurence Fox (dont j'ai déjà parlé ici de mon amour pour lui) qui chante (très bien) et joue de la guitare (encore mieux).
Et après on se demande pourquoi j'aime les acteurs britanniques... ils excellent en tout.
Vous pouvez écouter d'autres de ses compositions sur Soundcloud !
00:05 Écrit par Filipa dans Musique | Lien permanent | Just a clock tick... (2) | Tags : laurence fox, musique, gunfight, vidéo
30.04.2012
Swap Victorien : le colis
Vous vous souvenez du Challenge Victorien organisé par Arieste n'est-ce pas ? Et bien Lena avait de son côté profité de l'occasion pour organiser le swap assorti. Auquel j'ai participé donc. Et j'ai reçu mon colis, préparé par Miss Leo.
Et une chose est sûre : j'ai été gatée ! Trop gâtée même !
Déjà surprise, en ouvrant le colis : la Reine Victoria herself a participé aux festivités !

Ohlalalala mais il y a quoi dans tous ces paquets dont le contenu est joliment commenté par la reine ?!

- Des livres :
- Aristote à l'heure du thé de Oscar Wilde
- Angelica de Arthur Phillips
- Code 1879 de Dan Waddell
- Du thé Margaret's Hope du Palais des thés et des bonbons qui piquent (et dont la fin approche)
- Un DVD : Tess of the D'Urbervilles que je voulais depuis...euh... très longtemps : il y a Eddiiiiiiiiiiie ! Excellent choix donc *o*
- Des goodies emballés dans un adorable sac "Gorjuss" :
- Un memo block Gorjuss
- De l'huile pour les mains qui sent la rose sauvage
- Un magnifique carnet "Charlotte Brontë" (je voulais en acheter un du genre depuis un certain temps mais je n'arrivais jamais à me décider sur la taille, ni si je prenais le Charles Dickens ou William Shakespeare)(et je ne pensais même pas au Charlotte Brontë vu que j'en avais jamais trouvé)
Et puis bien sûr, une carte (Gorjuss là encore ^^). Ou devrais-je dire DEUX cartes : cette chère reine a tenu aussi à m'écrire un adorable petit mot !

Voilà, voilà. J'aime mon colis. Tout est PARFAIT ! MERCI MILLE FOIS MISS LEO (et Victoria !)
22:22 Écrit par Filipa dans Swaps | Lien permanent | Just a clock tick... (12) | Tags : swap victorien, challenge victorien
25.04.2012
[Interlude musical révolutionnaire] Grândola, Vila Morena - Zeca Afonso
Parce que 25 avril (1974). Parce 38 ans de La Révolution des Oeillets. Parce que coup d'état moins sanglant et plus fleuri de l'histoire. Parce que Grândola, Vila Morena.
Vous n'avez rien compris ? Pas d'inquiétudes : Wikipédia est là pour vous, avec traduction des paroles et signification !
Vive nous.
22:58 Écrit par Filipa dans Musique | Lien permanent | Just a clock tick... (2) | Tags : grândola vila morena, 25 avril 1974, révolution des oeillets, zeca afonso, interlude
24.04.2012
Starters - Lissa Price
Je ne m'en suis jamais caché, je ne suis vraiment pas une adepte de la dystopie. Mais, je suis très curieuse et toujours prête à faire de nouvelles découvertes. Aussi, quand on m'a proposé de recevoir Starters de Lissa Price, malgré son côté dystopique, j'ai laissé la partie curieuse de mon cerveau parler et j'ai accepté.
Titre : Starters
Auteur : Lissa Price
Editeur : Robert Laffon - Collection R
Tome : 1/2

Résumé : Dans un futur proche : après les ravages d'un virus mortel, seules ont survécu les populations très jeunes ou très âgées : les Starters et les Enders. Réduite à la misère, la jeune Callie, du haut de ses seize ans, tente de survivre dans la rue avec son petit frère. Elle prend alors une décision inimaginable : louer son corps à un mystérieux institut scientifique, la Banque des Corps. L'esprit d'une vieille femme en prend possession pour retrouver sa jeunesse perdue. Malheureusement, rien ne se déroule comme prévu... Et Callie réalise bientôt que son corps n'a été loué que dans un seul but : exécuter un sinistre plan qu'elle devra contrecarrer à tout prix !
J'ai eu du mal à rentrer dedans, j'ai trouvé la mise en situation longue et pas très claire. Mais Callie est une fille qui assure et on s'attache vite à elle, au point qu'on a envie de continuer à tourner les pages. Ce qui est une bonne chose car à partir de la page 96 (très précisément) le roman prend en nouveau tournant à partir duquel il devient impossible de s'arrêter ! (sachant que le roman fait 449 pages, 96 pages avant que ça démarre, c'est raisonnable)
En effet, on se rend vite compte qu'avant d'être un roman de science-fiction, Starters est surtout un thriller ! Avec tout ce que ça engendre d'action, de complots, de trahison, de faux-semblants... Et ça, j'ai énormément apprécié ! Au final, l'aspect science-fiction/technologie du futur ne sert que de base à une intrigue bien plus complexe, mais aussi bien plus réaliste et crédible (voire actuelle car elle s'ancre bien dans un monde réel où souvent, l'apparence l'emporte sur tout le reste...)
Car oui, malgré son caractère dystopique, Starters est crédible de la page 96 à la fin ! Et cela tient en grande partie à ses personnages - et surtout Callie. Elle est le personnage principal et la grande force du roman. Callie survit dans la rue depuis un an maintenant et ne vit que pour son petit frère malade de 7 ans. La vie à la dure a fait d'elle une battante. Pas une guerrière, juste une battante, avec ses faiblesses et surtout ses forces. L'une d'elles étant son cerveau qu'elle sait utiliser à bon escient (même quand il y a quelqu'un d'autre avec elle...). Elle ne prend pas les faits pour acquis et cherche à avoir toutes les informations avant de se faire un avis sur une question.
En plus du personnage de Callie, tellement juste dans ses actes et pensées et crédible qu'on peut s'y identifier (Lissa Price a d'ailleurs refusé de donner des indications sur la couleur de cheveux ou des yeux de Callie pour, justement, permettre aux lecteurs de s'imaginer leur propre Callie), ce qui m'a vraiment plu dans le roman c'est le style de l'auteur. Lissa Price est scénariste à la base, et ça se voit : les faits racontés sont cohérents et les descriptions tellement détaillées qu'on peut très facilement se représenter les scènes.
Lissa Price évite tous les clichés qui me rebutent en temps normal : l'héroine "guerrière", seule contre tous et chargée de sauver le monde (Callie ne doit pas sauver le monde et surtout, elle n'est pas seule), l'histoire d'amour impossible (l'histoire d'amour ici n'est qu'en toile de fond, pas impossible même si basée sur des mensonges, et surtout - joie - inattendue !), les personnages qui souffrent et/ou meurent juste parce ça fait bien et que ça rend l'histoire plus "OMG!" (dans Starters, on a des personnages qui souffrent et/ou meurent, mais seulement quand c'est nécessaire) et les révélations finales qui clôturent le roman sur un cliffhanger_de_la_mort_qui_tue (attention spoilers : le tome se finit bien et même pas sur un gros cliffhanger!)
Avec Starters, Lissa Price nous offre un roman original, intrigant, vraisemblable et terriblement prenant - à lire ! Le tome 2 est prévu pour décembre 2012. Je serai là !
En attendant, je vous laisse découvrir la bande-annonce :
(Et parce que je le trouve vraiment bien fait, je vous invite aussi à aller faire un tour sur le site français de la duologie : vous pouvez y trouver une nouvelle inédite et télécharger le 1er chapitre)
Merci à Karen B. pour l'envoi :)
00:27 Écrit par Filipa dans Livres | Lien permanent | Just a clock tick... (5) | Tags : lissa price, starters, collection r, dystopie
20.04.2012
The Promise (Le Serment)
Ce soir, Arte nous offre encore un bien beau cadeau : la mini-série Le Serment réalisée par Peter Kosminsky. Cette mini-série de 4 épisodes de 1h30, nous emmène sur les traces de Erin Matthews (Claire Foy, admirable), jeune anglaise, qui part elle-même sur les traces de son grand-père Leonard "Len" Matthews (Dominic Cooke, magistral), ancien soldat britannique ayant servi pendant la Seconde Guerre Mondiale et envoyé ensuite en Palestine, un territoire qui fut sous mandat britannique de 1923 jusqu'au retrait des troupes, en 1948.

Erin a 18 ans et un seul problème majeur dans la vie : contrôler ses crises d'épilepsies. Ayant décidé de prendre une année sabbatique avant d'entrer à la fac, elle accepte sans hésitation l'offre de son amie Eliza (Perdita Weeks, bien loin de Lydia Bennet) à passer l'été avec elle en Israël - étudiante en Angleterre mais Israelienne d'origine, Eliza doit en effet rentrer au pays pour y suivre une formation militaire (le service militaire pour les garçons et les filles y est obligatoire). Peu avant son départ, Erin aide sa mère à trier et ranger les affaires de son grand-père mourrant, ce grand-père qu'elle connaissait bien peu, voire pas du tout. Aussi, lorsqu'au milieu de tout le reste, elle tombe sur le journal de Len, elle n'hésite pas à l'emporter avec elle, se disant que ça lui fera un peu de lecture pendant le trajet en avion...

Et quelle lecture.
Au fil des pages, Erin découvre les atrocités auxquelles son grand-père a dû faire face et comprend peu à peu pourquoi ce grand-père était toujours si distant. Erin décide alors de profiter de son séjour sur place pour en apprendre plus sur son grand-père et les personnes dont il parle dans son journal. Et surtout, elle veut l'aider à accomplir la promesse faite à une famille palestienne en 1948. Il n'est jamais trop tard pour accomplir une promesse.
Le Serment est une série bien sûr, mais une série qui emprunte beaucoup au docu-fiction : les deux époques qui se mêle pour être au plus près de la vérité, l'importance donnée aux points de vues de tous les personnages ainsi que son approche réaliste et directe, renforcée d'ailleurs par des références aux faits marquants du conflit (l'attaque de l'hôtel King David, le meurtre de deux soldats britanniques, le massacre de Deir Yassin... ) et par l'utilisation d'images d'archives dans le premier épisode. Ces images d'archives donnent d'ailleurs le ton général : âmes sensibles s'abtenir !

Cela a beau être une série, les faits sont réels. Et Peter Kosminsky veut justement exposer ces faits sans fioritures et sans parti pris mais sans non plus faire dans la surenchère ni dans le pathos. (Pour ce qui est du parti pris, certains pourront cependant rétorquer que dans le dernier épisode il prend surtout le parti des musulmans, mais on se rend vite compte que là encore, il ne cherche qu'à exposer les faits : les deux peuples partagent les torts, mais le premier qui attaque en a un de plus que l'autre).
La mini-série doit beaucoup de sa force à ses personnages, c'est indéniable. Len tout d'abord, jeune sergent qui suit les ordres autant que son coeur et qui n'hésite pas à transgresser les règles si la cause est juste. Au coeur du conflit, plusieurs fois visé lors d'attentats, utilisé et trahi, Len trouvera cependant la force de continuer à protéger ceux equi doivent l'être sans distinction de nationalité, ni de religion. De son côté, Erin est une fille comme les autres malgré sa maladie, sans responsabilités ni engagements, éloignée de tout conflit, sympathique mais que l'ignorance et l'entêtement peuvent rendre agaçante. Son entêtement lui vaudra de nombreux problèmes, mais ce séjour estival en Israël dans la maison avec piscine de son amie Eliza finira par se transformer en séjour à but iniatique - aussi bien pour elle que pour le spectateur d'ailleurs. (Je trouve par ailleurs l'idée d'un personnage épileptique est absolument brillante. Ca n'apporte rien à l'histoire, mais ça n'en rend le personnage que plus crédible et attachant)

A travers Eliza, Peter Kosminsky montre le conflit interne entre devoir envers son pays et convictions personnelles : Eliza vit et étudie en Angleterre, mais elle est avant tout Israelienne et en tant que telle, elle doit être prête à servir et protéger son pays, et ce, même si elle est contre de telles violences. Son frère Paul (Itay Tiran) et l'ami de ce dernier Omar Habash (Haaz Sleiman) représentent un espoir de paix. Ils sont la preuve que la paix et l'amitié peuvent exister entre juifs et palestiniens, et qu'avant d'être juifs ou palestiniens, ils sont surtout humains.
Avec Le Serment, Peter Kosminsky a décidé de se pencher sur le conflit israelo-palestinien - conflit dont on entend beaucoup parler sans pour autant réussir à en comprendre tous les enjeux. Le passé de Len et le présent de Erin se mêlent pour nous raconter la naissance de ce conflit au sortir de la Seconde Guerre Mondiale et nous expliquer que 60 ans plus tard, les choses ne vont pas mieux.

Le Serment est une mini-série forte qui traite d'un sujet sensible. On ressort de ces quatre épisodes aussi éprouvés physiquement et moralement que les personnages. Un des passages qui m'a marquée est le discours du grand-père d'Eliza à la fin de l'épisode 2, et plus particulièrement sa remarque au sujet de la génération d'aujourd'hui. Parce qu'il a tout à fait raison. Mais ce n'est pas une raison pour rester dans l'ignorance de tout...

Par contre, fausse bonne idée : Arte diffuse deux épisodes à la suite à chaque fois, soit environ 3h... Heureusement, Arte+7 existe :) (Ah et pour info : la VF est de qualité ;) )
10:24 Écrit par Filipa dans Séries | Lien permanent | Just a clock tick... (12) | Tags : the promise, le serment, mini-série, peter kosminsky, conflit israelo-palestinien
18.04.2012
[Interlude culinaire] Muffins chocolat blanc - noix de coco
Ce qui est bien avec les vacances c'est qu'on a du temps pour ouvrir ses livres... de cuisine !
Aujourd'hui, j'ai testé la recette des muffins au chocolat blanc et à la noix de coco trouvée dans un petit livre que j'ai reçu lors d'un swap : Cookies, muffins et brownies !
Admirez le résultat :
(Je suis meilleure pour les faire (et les manger) que pour les prendre en photo)
Pas mal ? Et c'est relativement simple et rapide à faire (évitez juste de faire comme moi et de vous couper dès l'étape 1)
Pour 6 à 8 muffins, il vous faut :
- 100g de chocolat blanc (de préférence à patisserie, ça évitera qu'il fonde)
- 150g de farine blanche
- 1 sachet de levure chimique
- 50g de sucre en poudre
- 40g de beurre doux
- 2 oeufs
- 1 yaourt (à votre convenance)(moi j'en ai pris un à la vanille)
- 1 cuillère à café d'extrait de vanille
- 70g de noix de coco en poudre (ou plus)(ou moins)
1. Commencez par concasser le chocolat blanc en pépites, puis le réserver. (Moi je l'ai cassé en gros morceaux, parce que c'est mieux quand on sent le chocolat *o*)
2. Dans une terrine, mélanger la farine, la levure et le sucre en poudre
3. Dans une petite casserole, faire fondre le beurre sans coloration. (Je l'ai fait au micro-ondes et ça marche aussi très bien !)
4. Ajouter ensuite les oeufs, le beurre, l'extrait de vanille et le yaourt puis tourner à l'aide d'un fouet pour obtenir une pâte bien lisse. (Pour plus de facilité, je conseille de mélanger un peu le tout après l'ajout de l'extrait de vanille, et de rajouter le yaourt en dernier - et après, on y va à l'huile de coude ! Ca muscle les bras !)
5. Prélever 50g de noix de coco en poudre (ou plus)(ou moins) et l'incorporer avec les pépites de chocolat blanc.
6. Mélanger à nouveau sans travailler la pâte.
7. Beurrer les moules à muffins et les remplir jusqu'aux deux tiers de la préparation (ou à ras bord si comme moi vous aimez quand ça monte haut !)
8. Saupoudrer le reste de la noix de coco sur le dessus des gâteaux puis enfourner à 180°C pour 25 à 30min (si vous faites préchauffer le four comme moi, ça sera 20min !)
Bonux by me : Et pour faire joli, sachant qu'une tablette de chocolat est de 125g, vous pouvez utiliser les grammes en trop pour décorer : un ou deux carré sur chaque muffin avant d'enfourner ! En les ressortant, le chocolat a bruni, mais sans fondre - c'est beau et bon !

23:26 Écrit par Filipa dans Sweet Madness | Lien permanent | Just a clock tick... (2) | Tags : interlude culinaire, muffins chocolat blanc-noix de coco
15.04.2012
Will & will - John Green et David Levithan
Titre : Will & will
Titre VO : Will Grayson will grayson
Auteurs : John Green et David Levithan
Edition : Scripto (Gallimard Jeunesse)

Résumé : Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l'exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais... pas du tout son type. De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à avoir avec le premier) se sent plus mort que vivant : il vient d'apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie internet n'a jamais existé.
Ce livre, ça fait plus de 6 mois que je l'ai emprunté. Et ça fait deux fois plus longtemps que je voulais le lire. Mais je ne sais pas, je n'étais pas motivée, je trouvais que ce n'était pas le bon moment. Et puis j'ai finalement décidé e m'y mettre un matin. Comme ça, sans raison particulière, juste parce qu'il était le plus petit de ma pile et le plus léger et que pour emporter c'était mieux.
Et... je l'ai dévoré. Un véritable coup de coeur. J'ai rigolé aux éclats (souvent), j'ai pleuré (parfois) et je suis tombée amoureuse. Trois fois. D'un géant gay, Tiny Cooper, qui mange pour quatre. De son meilleur ami hétéro Will Grayson qui a deux règles dans la vie (1. Ne jamais trop s'investir. 2. Toujours la fermer) et un exemplaire de Persuasion dans sa bibliothèque. Et de will grayson, dépressif, gay lui aussi, qui regarde Orgueil et Préjugés (avec Colin Firth) avec sa mère et a appelé ses poissons rouges, Samson et Dalila.
Malgré son titre, Will et will c'est l'histoire de trois mecs : Tiny Cooper, la star de l'équipe de foot, gay totalement assumé, Will Grayson, son meilleur ami depuis la primaire, avare de mots et de sentiments et l'autre will grayson, le dépressif qui habite seul avec sa mère de l'autre côté de Chicago et amoureux d'Isaac.
Enfin, je dis ça, mais le roman a beau s'appeler Will & will, il aurait tout aussi bien pu être intitulé Tiny Cooper tout simplement car on se rend vite compte que le personnage principal, c'est Tiny. Il est celui autour duquel gravitent tous ces personnages, celui qui n'a peur de rien, n'a pas honte de ce qu'il est, celui qui parvient toujours à ses fins. L'exemple même du type exaspérant et ereintant (il ne s'arrête jamais) mais qu'on ne peut s'empêcher d'admirer. Tiny c'est un optimiste, il voit toujours le verre à moitié plein et aimerait que les autres en fasse de même.
Will & will c'est un roman sensible et émouvant sur l'homosexualité, les relations entre les les adolescents, la recherche de soi, et surtout l'amitié. John Green et David Levithan savent de quoi ils parlent et ils en parlent très bien, sans tomber dans les stéréotypes ni la caricature. Les dialogues et les réflexions des personnages sonnent juste du début à la fin, les personnages sont si profonds, tellement "normaux" et crédibles et les relations entre eux tellement touchantes, qu'on regrette qu'ils n'existent pas réellement.
Pendant toute ma lecture, je me représentais ces personnages sur le bord d'un élastique prêt à éclater, tellement le ton est grave. Mais finalement, l'élastique n'éclate pas. On se sent alors tout léger en refermant le livre, le sourire aux lèvres. (un peu comme dans Eureka Street)
A lire, vraiment.
23:08 Écrit par Filipa dans Livres | Lien permanent | Just a clock tick... (20) | Tags : will & will, john green, david levithan, scripto, tiny cooper, adolescence, homosexualité